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jeudi 6 août 2026

Alain Petit, Vous avez dit Bis Art ?

« Vous avez dit Bis Art ? » – Alain Petit, 380 pages, Artus Pour ma génération — en gros, les enfants du rock et des vidéoclubs qui ont connu l’âge d’or du fanzinat et de la presse spécialisée consacrée au cinéma fantastique, — Alain Petit demeure une figure incontournable du fandom français. Je l’ai écrit souvent, Alain Petit est grand ! Oui, le jeu de mots est facile, mais au-delà de l'astuce, c'est une évidence. Alain Petit a traversé les décennies en laissant une empreinte profonde sur la culture « Bis ». Des célèbres Cahiers du cinéma Bis dans Vampirella à Mad Movies (première époque), en passant par Le Masque de la Méduse, son propre fanzine, sans oublier ses Cahiers du western européen — textes fondateurs qui inspirèrent bien des publications futures—, il a contribué à façonner le regard de toute une génération de cinéphiles. Au fil des années, il a côtoyé les plus grands, collaboré avec Jess Franco et exploré avec une curiosité jamais démentie les territoires les plus féconds du cinéma populaire, du western européen aux marges les plus singulières du cinéma d'exploitation. Aujourd'hui encore, son érudition, alliée à un véritable désir de transmission, nourrit les suppléments de nombreuses éditions physiques, principalement chez Artus. Une telle personnalité, qui suscite chez moi autant d'admiration qu'un certain sentiment de filiation, méritait bien que l'on s'attarde sur son parcours. Cette autobiographie tombe donc à point nommé. Elle permet de comprendre comment est née sa passion pour le cinéma, mais aussi pour toute une culture « Bis » au sens large — bandes dessinées, musique, littérature populaire —, et de mesurer, à travers son itinéraire initiatique, l'apport considérable qu'il a eu dans la construction de notre propre cinéphilie. L’histoire d’un homme devient celle d’une manière d’être cinéphile. Au-delà du portrait d'un homme, Vous avez dit Bis Art ? est aussi le témoignage précieux d'une époque aujourd'hui disparue, où le cinéma se vivait avant tout dans des salles alors nombreuses, où les découvertes relevaient davantage de la curiosité, de la patience et des rencontres que des modes ou des recommandations d’un algorithme. Une époque où se construire une culture relevait d'une démarche personnelle, presque d'un acte de conquête, d’une aventure. Au-delà de l'autobiographie, Alain Petit raconte ainsi, presque malgré lui, la disparition d'un véritable écosystème culturel : celui des salles de quartier, des vidéoclubs, des fanzines, des librairies spécialisées et des boutiques qui nourrissaient la passion des cinéphiles. Il est difficile d'aborder Vous avez dit Bis Art ? indépendamment de la personnalité de son auteur. Le lecteur potentiel sait déjà qui est Alain Petit et ouvre ce livre parce qu'il porte sa signature. Cette évidence en dit long sur le fanzinat français, fondé sur la transmission et la reconnaissance de celles et ceux qui ont contribué à bâtir notre culture cinéphile. Alain Petit appartient à cette génération de passeurs qui n'ont pas seulement transmis une culture : ils ont créé les outils qui permettaient de la partager, des fanzines aux revues spécialisées, des ouvrages de référence aux suppléments vidéo (une « passation » que souligne et met en exergue la préface de Pascal Françaix). À la fois touchant lorsqu'il évoque son enfance ou ses premiers émois de spectateur, d'une grande pudeur lorsqu'il se retourne sur son passé sans jamais céder au pathos, et passionnant par la richesse de ses anecdotes, souvent inédites jusque sur des sujets que l'on croyait connaître par cœur, son récit captive de la première à la dernière page. Il nous fait retrouver le goût d'un paradis perdu, sans jamais sombrer dans une nostalgie stérile. Plus qu'une autobiographie chronologique, Vous avez dit Bis Art ? compose un bouquet de souvenirs épars dont chaque fleur exhale les parfums du cinéma Bis et d'une époque où la cinéphilie se construisait patiemment, au gré des séances, des lectures et des rencontres. À mesure que l'on tourne les pages, quelque chose de profondément intime résonne en nous, ce n'est pas seulement la vie d'Alain Petit que l'on découvre : c'est toute une génération de passionnés qui renaît sous nos yeux, et avec elle une part de notre propre histoire de cinéphiles. Didier LEFEVRE

jeudi 16 juillet 2026

Des vrais cinglés de cinéma ! la salle avec amour et acharnement

À une époque où les films se consomment de mille façons, nous oublions parfois que le septième art prend sa source dans un lieu collectif : la salle de cinéma. Aller au cinéma a progressivement perdu de son évidence, dissociant parfois les œuvres de l'endroit même où elles prennent toute leur dimension, décorrélant de notre imaginaire le lieu de l’œuvre. Je me suis d'ailleurs souvent fait cette réflexion : tous les films sont meilleurs en salle, comme si ce médium les sublimait d'emblée. Mieux encore, lorsqu'un film m'a marqué au cinéma, je me souviens presque toujours de la salle où je l'ai découvert, de la période de ma vie, des circonstances de la projection et des personnes qui m'accompagnaient. Lorsque l’on m’évoque un titre, je sais d’office si je l’ai vu au cinéma ou pas. Fatalement, la fréquentation des salles s'étiole tandis que l'offre de divertissement se multiplie. Les cinémas de notre enfance ont disparu les uns après les autres, remplacés par des multiplexes sans âme, aussi bandants qu'un rayon de surgelés dans un hard-discounter. Paris fait figure d'exception – avec quelques rares autres villes, mais sans commune mesure, même New York ou San Francisco – car, même si le nombre de salles y a lui aussi considérablement diminué, il en subsiste suffisamment pour étancher la soif irrépressible des cinéphiles et des cinéphages, fractionnant leurs rétines au gré des festivals, des rétrospectives, des séances de la Cinémathèque ou de quelques salles indépendantes obstinées. Samuel Guillerand et Sixtine Audebert, hydre bicéphale à l'origine de Des vrais cinglés de cinéma, la salle avec amour et acharnement (Mono-Tone & RQM Éditions), ont eu l'idée lumineuse de donner la parole à ces forcenés de la pelloche, à ces derniers Mohicans de la cinéphilie en salle. Chez eux, cette passion dévorante rythme l'existence tout entière. Chaque journée s'organise avec une minutie presque militaire afin de satisfaire un appétit jamais rassasié de découvertes. Contrairement aux idées reçues, il ne s'agit pas de vieux rats de cinémathèque enfermés dans une caricature poussiéreuse. À l'image des tintinophiles, ces amoureux de la salle ont entre 7 et 77 ans… ou presque. Leur laisser raconter leur parcours, leurs habitudes et leurs motivations, c'est entrouvrir une fenêtre sur notre propre rapport au cinéma. Leur passion nous interroge autant qu'elle nous invite à retrouver le moelleux de nos fauteuils rouges et le plaisir irremplaçable de voir un film là où il est né pour être vécu : dans l'obscurité d'une salle de cinéma. Ces portraits nous rappellent combien le cinéma est « la vie en mieux », comme le déclarait Claude Lelouch. Plus qu'un simple divertissement, il est un compagnon de route fidèle. Peu importent les modes, l'obsolescence ou la fugacité des célébrités : voir des films nous nourrit, nous abreuve d'expériences, élargit notre regard sur le monde et nous maintient intensément dans l'existence. C'est là toute la puissance de l'art. Au fil des témoignages, on comprend également combien les salles de cinéma demeurent indispensables à la découverte de certaines cinématographies. Je pense notamment au cinéma indien, dont la richesse et la diversité continuent d'être révélées grâce au travail de programmateurs passionnés (ou à l’écoute des communautés !). La salle retrouve alors sa vocation première : créer l'événement, provoquer la surprise, éveiller la curiosité et inviter au voyage. Car c'est souvent là, dans l'obscurité d'une projection partagée, que naissent les plus belles découvertes cinéphiles, celles que les algorithmes ne suggèrent jamais. Quelques esprits chagrins se gausseront sans doute de certains témoignages, les jugeant excessifs ou déraisonnables. Ils n'ont, au fond, rien compris à ce qui fait le sel de l'existence : cet équilibre fragile entre une passion dévorante et le plaisir presque addictif qu'elle procure. Car il est des addictions qui n'abîment pas ; elles construisent, consolent et donnent, séance après séance, une raison supplémentaire de supporter le monde. J'ai parcouru ce livre goulument, avec la même gourmandise que celle qui anime ses protagonistes, en dévorant les témoignages les uns après les autres. J'y ai retrouvé quelques connaissances, ce qui n'a fait que renforcer le plaisir de la lecture. Je ne peux que vous recommander cet ouvrage aussi original que passionné, véritable déclaration d'amour à la salle de cinéma et à celles et ceux qui continuent, obstinément, d'en faire un lieu de vie autant qu'un lieu de projection. (D.L) Disponible dans la plupart des libraires parisiennes, notamment chez les amis de Hors-Circuits. et ici : https://requiemeditions.bigcartel.com/

vendredi 17 avril 2026

Il était une fois... Moana Pozzi de David DIDELOT - campagne participative

Je ne vais pas y aller par quatre chemins — ni à la vitesse d’une clausilie : Moana Pozzi reste, à mes yeux, la véritable diva du hard italien. Certes, Cicciolina a marqué davantage le grand public de ce côté-ci des Alpes, notamment à la suite de ses escapades politiques. Mais le destin tragique de Moana Pozzi, étoile filante au parcours fulgurant, confère à sa carrière une aura singulière, qui dépasse largement le cadre du cinéma per adulti. Il était temps qu’un ouvrage en français lui rende hommage. Et qui d’autre que David Didelot — employé de l’année chez Sopalin — pour raconter cette histoire avec l'érudition et la passion nécessaires ? Pour moi, c’est une évidence. Le livre paraîtra chez Pulse, déjà à l’origine de superbes ouvrages consacrés à Brigitte Lahaie et Marilyn Jess. La campagne bat actuellement son plein sur Ulule. Moi, vous me connaissez comme écrivait Frédiric Dard, je ne suis pas friand de financement participatif… mais pour celle-ci, je fais une exception. Alors dépêchez-vous d’en faire autant : j’ai hâte de le feuilleter et de le lire. Et pour rassurer ce lecteur batave qui m’a acheté un exemplaire de Erotic Bazar consacré à Olivia Del Rio — oui, il y aura beaucoup de photos ! (D.L) Un lien : https://fr.ulule.com/moanapozzi/

dimanche 26 mars 2023

GORE DISSECTION D'UNE COLLECTION

GORE - DISSECTION D'UNE COLLECTION, nouvelle édition augmentée ! Back to the eighties, back to the Fleuve Noir : retour sur la Collection Gore et sur ses héritiers… en 458 pages. Nouveau format (18x25) Nouvelle couverture (avec vernis 3D et rabats) Nouvelle maquette 60 pages supplémentaires Entretiens inédits (Shaun Hutson inside)… et plus encore ! Sortie : le 20 avril 2023 (ça sent bon…) Précommandes sur le site des Editions Faute de frappe : https://www.editionsfautedefrappe.fr/ Deux formules possibles : pack simple ou pack extrême (pour les durs et les affamés !)
Dans le pack extrême : le recueil de nouvelles totalement inédites, NOS PLUS BEAUX EFFETS GORE … Autant d'hommages très personnels à l'antique Collection Gore, signés par des vieux de la vieille (un compliment dans ma bouche) et des p'tit(e)s jeunot(e)s : ils sont venus ils sont presque tous là, de Jean-Pierre Andrevon à Zaroff, en passant par BriceTarvel, Patrice Lamare, Axelman, Fetidus, Gilles Bergal, François Darnaudet, Richard D. Nolane, Brain Splash, Christophe Siébert, David Didelot, Chris Anthem, David Coulon, Jérémy Bouquin, Violaine de Charnage, Schweinhund, Sarah Buschmann, Philippe Ward, Didier Lefèvre, Stanislas Petrosky, Frédéric Livyns et… Shaun Hutson ! Préface de Jérémie Grima. NOS PLUS BEAUX EFFETS GORE disponible en solo également.
L'été sera chaud oui… Mais le printemps sera rouge. A très vite… en dédicace ou ailleurs !

jeudi 14 avril 2022

L'obsession du Matto-Grosso, Christophe Bier, Editions du Sandre

Où naissent nos obsessions, nos passions, nos marottes ? Dans le limon fertile de nos amours adolescentes, dans le lit de nos souvenirs les plus obscurs, au plus profond de nos âmes marquées au fer rouge par une image saisissante ? Quel acte fondateur vient zébrer l’obscurité de l’ordinaire et nous électriser, nous animer comme la créature de Frankenstein pour la découverte des terres vierges d’un monde nouveau ? Chez Christophe BIER, à quinze ans, la découverte d’un livre au titre abscons : « Attelages humains » signé SKAN, irradie ses synapses à tout jamais. A l’instar d’Obelix, il est tombé dans la marmite, non pas de la potion magique mais de la littérature aux confins de l’érotisme dans la niche de l’animalisation, du sadomasochisme, des perversités les plus singulières. Dès lors, l’auteur cherche à compléter sa collection, à découvrir chaque volume de la Select-Bibliothèque dont les titres augurent une mise en exergue des fantasmes les plus incongrus. Dans le récit de cette quête, L’obsession du Matto-Grosso (Editions du Sandre), Christophe BIER raconte ses années (décennies) de recherches, cette obsession pour cette collection mythique de l’entre-deux guerres. Il cherche évidemment les livres par le biais des collectionneurs, des chineurs, des brocanteurs mais également à démêler les nœuds quasi borroméens de cette bibliothèque : qui en sont les auteurs ? les éditeurs ? les instigateurs ? Il y a plusieurs façons de parcourir le livre, comme une enquête à rebondissements où nous déambulons de la rue Saint Denis à des marchés de bouquiniste, comme un témoignage érudit d’une obsession de bibliophile, comme un nouveau pétale dans la floraison intrigante de son auteur – après les Freaks, Eurociné, les nains… En parcourant les pages, je me suis remémoré ses questions aux bouquinistes que nous visitions à Toulouse durant l’Extrême-Festival ! Captivé, le lecteur ne peut décrocher et enchaîne les pages compulsivement jusqu’à une dernière visite mélancolique par-delà le Morvan dans un cimetière où reposerait celui qui a enfanté tous ces monstres de papier. A la fin du récit, nous en connaissons désormais davantage sur cette collection. Les histoires jamais banales résonnent en nous par le truchement de ces anecdotes érudites, de ces notes de bas de page foisonnantes d’informations et par les illustrations saisissantes reproduites. Et le texte de se clore sur l’annonce des sorties prochaines de Femellisé et de La Chienne Fatale, signés Don Brennus Aléra Fils. Comme l’écrit BIER, citant Don Brennus Aléra Père, « Les portes mystérieuses des paradis artificiels et des enfers lubriques » s’ouvrent devant nous. Oh oui ! D.L

mardi 12 avril 2022

CAVALIERS DE L'ORAGE de Chris Anthem sur la petite boutique de Médusa épuisé

Le propre de toutes les collections est qu'elles soient complètes, surtout quand la qualité est au rendez vous ! Je vous invite donc à commander fissa ce deuxième volume de Chris Anthem, Cavaliers de l'orage !

vendredi 11 février 2022

LE NOUVEAU KARNAGE DE DAVID DIDELOT FIRENZE ROSSA DANS LA PETITE BOUTIQUE DE MEDUSA sold out !

Mine de rien, c'est déjà le sixième Karnage qui débarque sur nos étagères en passant d'abord entre nos paluches pour un plaisir de lecture sans cesse renouvelé. Et ce sixième numéro intitulé Firenze Rossa s'annonce profondo rosso sangue et porte la griffe de David Didelot que je ne vous ferai pas l'affront de vous (re)(re)(re) présenter. A l'heure où j'écris ces lignes, je n'en ai pas encore entamé la lecture mais cela devrait être chose faite dès ce week-end ! Comme pour les autres Karnage, il est disponible sur la petite boutique de Médusa ! Vous connaissez la rengaine pour un achat groupé, envoyez moi un mp et on rabottera les frais de port.

jeudi 10 février 2022

LA COLLECTION CHRIS ANTHEM FLEURIT SUR LA PETITE BOUTIQUE DE MEDUSA épuisé

Après Karnage, une autre collection s'invite sur les étals de la petite boutique de Médusa qui, avec la collection Chris Anthem, se colorie comme les cimetières chaque premier novembre. L'éditeur / auteur de ce nouveau fleuron de l'horraire à la française, sauce ch'ti pour êtte plus précis, Faute de Frappe, cogne fort avec le premier volume intitulé Abymes. David Didelot en cause en ces termes : "le récit narre l'odyssée express et nocturne d'une jeune femme en pleine période Covid. Son nom est Axelle Mann (clin d'œil à l'Axelman de la Collection Gore, ou homonymie fortuite ?), et la donzelle traverse les vilénies d'un monde masqué (au sens propre) avant de sombrer dans l'abîme : tentative de viol dans le métro, séquestration chez un pervers sexuel, traversée des banlieues grises et déambulations paranos dans un univers hygiéniste autant que vermineux… Jusqu'à ce qu'Axelle fasse sa mue et assassine ceux qui l'ont emmerdée Il ajoute : "Le roman prend alors des airs dépressifs et horrifiques, qui dessine cette image d'assassin malheureux - agissant plus par colère que par vice. Rien ne nous est épargné dans Abymes, de la commission des crimes jusqu'à la décomposition des corps, mais l'on compatit aux états d'âme du monstre : "une habituée de la loose" comme il est dit, héroïne cassée par la vie, méprisée par sa famille et percluse de rancœurs. "En punir un pour en éduquer dix. En punir cent pour les éduquer tous" : telle est bien la sentence gravée au front d'Axelle Mann, seul personnage bien vivant au milieu d'un monde déshumanisé. Combien d'épisodes sis dans les transports en commun, véritables jauges d'une société zombifiée, et combien de moments d'incommunicabilité pure entre les êtres… Oui, Abymes ne pense jamais printemps et dresse un tableau désespérant de nos congénères, qui dépasse largement le feel good novel du rayon gore. L'histoire se terminera en holocauste, syndrome de la tabula rasa et de l'apocalypse rédempteur
Ce premier volume en augure d'autres aussi fascinants... Vous aimez lire de l'horreur pure, des romans qui échappent aux diktats et aux canons des éditions traditionnelles, essayez donc Chris Anthem, ça vous changera des compositions habituelles !

mardi 29 mai 2018

BAD REQUINS, la Sharksploitation

Cette nuit, étreint par un horrible cauchemar où Matthieu Madenian s’acharnait à essayer de me faire rire, je me réveillais en sueur au bord de mon plumard. La gorge irritée je cherchais un souffle nouveau en écoutant le vent agiter les branches des thuyas du jardin. La pluie martelait les vitres à un rythme qui aurait fait passer No Shuffle de Front 242 pour une marche polonaise. L'orage battait son plein, les éclairs kodakaient à travers les rideaux comme dans un vieil Hammer. Je souriais bêtement pour la photo,  comme un gamin qui chasse la peur par la rigolade quand soudain... j'entendis résonner au loin le thème des Dents de la Mer signé John Williams. Mon premier réflexe fut de mater les pieds de mon lit pour vérifier que je ne flottais pas au milieu de l'océan à quelques miles de la plage de Daytona... Rassuré, je comprenais alors que cette étrange sensation était la conséquence de la jolie nouvelle de la journée : la sortie prochaine de Bad Requins, l'histoire de la sharksploitation, ouvrage écrit à trois mains (ou six si les auteurs sont ambidextres) par un trio détonnant : Fred Pizzoferrato, habituelle plume de L'écran Fantastique et de Médusa Fanzine, Claude Gaillard, maître des écrans Bis, site hautement recommandable et Alexis Prevost, marchand ambulant de dvd, à la fois bonimenteur et fédérateur, capable de nous sortir d'obscures galettes assez bluffantes. Si le livre ne sortira que cet automne chez Huginn & Muninn, nous savons déjà qu'il est préfacé par Olivier Père, le gars derrière les programmations al dente d'Arte...
Alors fanas de requins, caresseurs de raies, férus des sharknado et autres shark bizarreries, surveillez vos libraires préférées... Les requins attaquent la page !




samedi 26 août 2017

LAS VEGAS, Mise en scènes, Yohann CHANOIR

 Yohann Chanoir,  bien connu des lecteurs de Médusa Fanzine (et de Vidéotopsie, et de Darkness, et de Ciné Bazar !), publie dans la collection Ciné Voyage, un livre sur une des villes les plus fascinantes de l'Ouest américain : Las Vegas. Pour avoir déambulé sur le strip en juillet 2005, sous une chaleur accablante, j'ai mesuré les phénomènes d'attraction-répulsion qu'elle pouvait engendrer. Construite au milieu du désert, à quelques heures de Los Angeles, comme un champignon hallucinogène sorti d'une boue radioactive, Las Vegas en met plein la vue aux visiteurs, aux chercheurs de fortune, aux joueurs, aux touristes venus s'y agglutiner comme les papillons de nuit sur des néons bleutés. Un gars en décapotable rose, visiblement éméché,  avait d'ailleurs failli me renverser avant de s'encastrer dans les parterres fleuris d'un hôtel puis de se faire appréhender manu militari ! Ce n'était pas du cinéma mais dans le décorum de la cité du péché, cela y ressemblait foutrement....
 Yohann, en divisant son livre en chapitres clairs et concis comme des actes de neurochirurgie, remonte le temps de la représentation de Vegas au cinoche. Tout le monde a le droit au chapitre si j'ose dire même Norbert Moutier qui planta sa caméra à quelques miles de là pour son Opération Las Vegas. J'ai été très touché de retrouver son nom à côté de ceux des illustres incontournables (Elvis, le Rat Pack, Casino, Showgirls...) . C'est tout à l'honneur de Yohann de n'écarter personne et de sortir des chemins ultra balisés de la littérature cinéphile...
Très bien écrit, se lisant à une vitesse folle (le format de la collection est assez court visiblement), l'ouvrage se termine sur des plans de la ville situant les différents lieux de tournage et localisant les casinos légendaires, disparus ou inventés.
Un ouvrage à commander avec célérité et à mettre dans la valise pour votre prochain road trip dans l'Ouest américain.
(D.L)
Dispo dans toute les bonnes librairies et sur Amazon

vendredi 1 avril 2016

Bruno MATTEI, Itinéraires Bis ! en précommande

Cinéphiles du dimanche soir, férus de "cinéma de genre", amoureux des "plaisirs coupables", passez votre chemin et allez vous branler dans vos gogues pestilentiels, les autres, les "médusaphiles", les "videotopsistes", les "bissophiles" précommandez urgement cet ouvrage qui, avant même la lecture, invite au voyage. Et quel voyage ! celui d'un cinéaste méconnu (ou plutôt connu pour de mauvaises raisons), pour lequel notre affection est énorme. Bravo David d'avoir exaucé notre rêve, merci d'être toi-même, laisse aboyer les jaloux, les frustrés, les coincés du bulbe, les envieux... Les chiens aboient et ta caravane fantastique passe ! Putain comme je suis content !


Les pré-commandes pour le livre de David Didelot "Bruno Mattei - Itinéraires Bis" sont ouvertes.
http://www.artusfilms.com/livres/pre-commande-bruno-mattei-itineraires-bis-196
N'hésitez pas à réserver votre exemplaire à un prix avantageux.
Les souscripteurs recevront le livre dédicacé par l'auteur ainsi que deux reproductions des affiches de "Virus Cannibale" et "Les rats de Manhattan". Pré-commandes ouvertes jusqu'à mi-mai.
A faire tourner !