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mardi 18 août 2026

CLASSIC, L'éternel cinéma

Classic, l’éternel cinéma Un nouveau bimestriel publié par Mad Movies Vous connaissez le syndrome du vieil instituteur qui, à l’heure où sonne bientôt la retraite, ne supporte plus les gosses, les trouve infernaux, plus cons qu’avant et estime qu’ils ont bien changé. En réalité, les gamins de six ans d’aujourd’hui ont exactement le même âge que ceux de six ans d’il y a quarante ans. C’est surtout lui qui a vieilli, perdu patience, nourri son aigreur et quelque peu laissé filer le mojo. C’est la vie qui passe, tout simplement. Même si ce n’est évidemment pas la seule explication — et de loin —, nous sommes un peu ces vieux instituteurs, nous autres anciens lecteurs de Mad Movies, orphelins de notre JPP et nostalgiques d’une époque où Mad Movies, et plus largement le cinéma fantastique, accompagnaient et décoraient notre adolescence. Le Mad Movies d’aujourd’hui nous intéresse forcément moins, puisqu’il reflète une actualité qui, au mieux, nous exaspère et, au pire, nous indiffère. Mais quoi qu’il arrive, nous aurons beau nous taper le cul par terre en maugréant que c’était mieux avant, rien ne ramènera nos années Mad. Alors, si j’étais quelque peu dubitatif à l’annonce de la création de Classic, nouveau bimestriel de l’écurie Mad Movies — comme à la plus belle époque du magazine —, j’ai rapidement été conquis et retrouvé la banane à la lecture des trois premiers numéros. Dans le dernier en date, on trouve par exemple un hommage de plusieurs pages — et pas un article de la taille d’un tweet — à Luigi Montefiori, alias George Eastman, qui vient de nous quitter. Qui d’autre qu’un fanzine, mais sans la réactivité qui est la sienne, aurait pris le temps de remettre à l’honneur cet immense — au propre comme au figuré — acteur ? Médusa avait d’ailleurs publié un entretien avec lui il y a quelques années. Colosse au sourire ravageur, devenu une icône de la bissophilie grâce, notamment, au fameux gars qui se bouffe ses propres entrailles, Eastman méritait évidemment mieux que cette seule image iconique. L’article va donc bien au-delà pour nous conter par le menu les épisodes les plus emblématiques de sa carrière. Également au sommaire de ces 68 pages — c’est un peu court, jeune homme !, en cyranisant — : Wes Craven, l’excellent Massimo Dallamano, L’Homme invisible à la sauce nippone, Les Titans, œuvre culte de Duccio Tessari que ma génération avait découvert dans « Cinéma de quartier », Speed Racer — moins ma came — et même un sémillant « portrait » de la boutique Hors-Circuits, véritable îlot de résistance culturelle dans l’océan post-consumériste qui nous abreuve quotidiennement de wokeries. Bref, Classic constitue une chouette passerelle entre le Mad Movies de nos souvenirs et les derniers mohicans du fanzinat. Je pense donc m’y abonner, ne serait-ce que pour soutenir cette belle initiative. D.L

mercredi 16 juillet 2025

Au revoir Jean-Pierre PUTTERS

Au revoir JPP Annoncée le 14 juillet avant les feux d’artifices et les flonflons, la disparition de Jean-Pierre PUTTERS nous laissent sans voix, comme abasourdis. Il avait tiré sa révérence en mai dernier et avait choisi de ne pas l’annoncer de suite, sa volonté a été respectée et c’est l’essentiel. Mad Movies, pour ma génération (la X), fut un formidable compagnon d’adolescence, le corolaire des vidéoclubs, le moyen immuable de retrouver imprimés nos rêves cinéphiles les plus fous. Il y avait aussi L’écran Fantastique mais plus policé, moins irrévérencieux. J’avais choisi mon camp. La plume de Jean-Pierre était inimitable, conjuguant érudition et humour, réflexions et franche rigolade, des textes que j’ai lus et relus jusqu’à plus soif au point d’en connaitre certains presque par cœur. Certes, au fil des années, nous avons senti qu’il se détachait de tout cela. Après son départ, Mad ne fut plus jamais pareil, nous non plus : la vie d’adulte nous dévorait, brisant nos rêves adolescents. Dans ces années-là, j’attendais chaque nouveau Mad Movies avec une impatience folle, pressé de dévorer l’édito et de parcourir toutes les pages. Rien d’autre ne comptait. Je les trinqueballait au collège puis au lycée où je partageais cette passion avec ceux qui devinrent et restent des amis pour la vie. De cette bulle créatrive, de cette ivresse cinéphile, allait naitre Médusa Fanzine, mais c’est une autre histoire. Sans la prose de Jean-Pierre PUTTERS, mon existence aurait été tout autre. Je le dis avec certitude : pas de fanzine, pas de Médusa, pas les mêmes amis, pas toutes ces rencontres. J’i même de la peine à imaginer comment j’aurais pu supporter le reste s’il n’y avait pas eu cela. Il fut un des aiguillages les plus importants de ma vie, la colorant de fantasticophilie (et je sais que cela durera jusqu’à mon dernier souffle). Bien malgré lui, il m’avait contaminé, comme il l’a effectué pour des dizaines d’autres. Je ne l’ai rencontré pour de « vrai » que des années plus tard à Gérardmer d’abord, puis dans des boutiques, lors de festivals (Bloody week-end, Hallucinations collectives, Extrême Cinéma, PIFFF). J’en garde des anecdotes savoureuses et des échanges précieux. Je me sentais pourtant comme un jeune pousse devant un sequoia géant, d’une insignifiante petitesse. Il a toujours été cool avec moi, je n’ai jamais osé lui dire tout ce qu’il représentait mais je crois qu’au fond il le savait. Il suffisait d’ouvrir Médusa… A ce propos, je le remercie encore aujourd’hui d’avoir participé à Médusa en m’envoyant quelques textes. Qu’il soit dans l’ours de ces numéros fut un honneur, mieux un adoubement. Merci pour tout Jean-Pierre. Tiens, je m’en vais relire son entretien dans Le Bissophile et Mad, ma vie. D.L

mardi 27 novembre 2012

Jean-Pierre PUTTERS Mad... ma vie !



Jean-Pierre Putters
Mad… Ma vie !
29 euros,  rouge profond

 Je vais être honnête, j’avais déjà le goût du Fantastique avant de connaître Mad Movies : début des années 80, adolescent,  alors que je découvrais mon corps, celui des filles, les vidéoclubs, The Clash et qu’étaient projetés sur les écrans Gremlins, Terminator, Les griffes de la nuit, Re-Animator etc. Par contre, c’est avec Mad Movies et avec la plume de Jean-Pierre Putters que j’ai appris le goût de lire sur le Cinéma Fantastique, et par la suite, d’écrire sur le sujet. Je l’ai déjà affirmé dans des éditos de Médusa, ce titre n’aurait jamais vu le jour (ni même la nuit d’ailleurs) sans JPP. Sa prose m’a bercé, ses éditos m’ont biberonné, sa passion m’a conquis. Ce n’est pas peu fier que je fus lorsqu’il accepta de collaborer au Médusa 20, vous vous en doutiez bien, la boucle pour moi était bouclée.
Ce livre, Mad … Ma vie !, je l’attendais avec impatience sans imaginer un instant qu’il paraitrait un jour. Voilà mon vœu exaucé ! Tout y est dans ces quelques 220 pages sur la création, le développement, la vie de Mad Movies, et même davantage ! En effet, JPP nous livre en même temps son histoire de vie plus intime, plus personnel.
Le style est resté le même : de l’humour, un regard décalé sur la société, des réflexions sur ses concitoyens, de la nostalgie et, oui j’ose le mot, de la poésie. Ecroulé de rires devant ses souvenirs de garnison, attendri par cette enfance pas très facile (mais jamais caricaturée), ému par l’évocation de disparus, j’ai lu le livre quasiment d’une traite, incapable de le poser. De manière assez fascinante, j’imagine qu’il a été écrit pour moi (et je suis sûr que les autres lecteurs pensent de même), tant JPP dialogue avec son lecteur, lui parle droit dans les yeux. Qu’il m’entretienne de ses vacances, enfant, dans le Doubs ou des délires dans les festivals ou à l’époque bénie des radios libres, le lecteur perçoit qu’il est resté lui-même, fidèle à ses valeurs et ses passions, fidèle à l’idée qu’il se fait de la vie.
La création de Mad Movies force le respect. Si aujourd’hui l’enfant (âgé de 40 ans quand même) est entre de bonnes mains (Fausto Fasulo m’a rassuré sur ce point), il ne peut se délier de son créateur.
Pour étayer cette aventure, beaucoup d’anciens collaborateurs évoquent leur histoire avec Mad Movies. De Guy Giraud à Alexandre Poncet, tous sont unanimes pour saluer cet esprit Mad, vraiment pas comme les autres, différent.
 Jean-Pierre conclut l’ouvrage en nous parlant de ses activités contemporaines comme Metaluna Productions. Nul ne doute qu’il restera encore longtemps dans notre paysage (j’allais écrire dans notre patrimoine) . Vivement le Tome 2 !
Un livre passionnant de bout en bout….
Didier LEFEVRE
PS : Jean-Pierre, moi aussi, j’ai eu ma bafouille dans le courrier des lecteurs et peu de choses m’ont rendu plus fier !

samedi 31 janvier 2009

MUSEE DU FANZINAT FRANCAIS



MAD MOVIES, n°18 et 19, Jean-Pierre PUTTERS, spécial cinéma mexicain, mars 1979 et juin 1980 (coll D.L)

Et oui ! C'était un fanzine auparavant, il ne faut pas l'oublier ! Pour l'illustrer, je propose les couvertures des deux numéros spécial cinéma mexicain, précurseur à l'époque et parmi les meilleurs ! J'en ai d'autres...