jeudi 20 août 2026

Le mausolée des matins blêmes, Frédérick Durand

Le mausolée des matins blêmes Frédérick Durand (Andara, 2013) « Le soleil pâle crève l’horizon, on dirait un jaune d’œuf écrasé sur un napperon sale. » Court roman de Frédérick Durand (moins de 100 pages), construit comme un train-fantôme où les événements se succèdent à un rythme haletant qui nous interdit de lâcher la lecture, Le mausolée des matins blêmes embrasse plusieurs thèmes chers à l’auteur : le goût pour une horreur macabre, voire grand-guignolesque, la menace sourde des sociétés secrètes, la réalité parallèle à nos mornes vies où des nantis jouissent de spectacles relevant davantage du « snuff » que de la fiction, un humour en ombre chinoise qui nourrit l’intrigue sans l’encombrer et un style imagé et précis trottinant dans la tête du lecteur comme pour l’enjoindre à poursuivre. Le « héros » de ce thriller s’avère être Alain Dupont, chansonnier au chômage qui découvre que sa blonde (comme ils disent en Mauricie) s’envoie en l’air quand lui cherche des contrats avec la vitalité d’un moustique écrasé sur le pare-brise de sa vie de loser. Il se réfugie dans un bar sordide où, un peu comme dans un film des frères Coen, les petits incidents auront de grandes conséquences, bien au-delà de l’imaginable. Il se retrouvera ainsi en compagnie d’un anglophone, qui lui avait cherché la cogne auparavant, dans une bâtisse apparemment délabrée, laquelle cache en réalité un théâtre des cruautés pour spectateurs avisés, organisé par un certain Elvis, un type grimé comme la star lors de sa dernière décennie… Difficile de trop en raconter sans dévoiler tout le sel de ce « manège » à sensations qui permet à Frédérick Durand de nous entraîner dans des tableaux tous plus cruels et horrifiques les uns que les autres, conjuguant suspense, gore et une pointe de rock’n’roll. Je l’écrivais en introduction : cela se lit d’une traite et sert au lecteur, sur un plateau, sa ration d’épouvante. Je ne saurais que trop vous le recommander, à vous autres qui avez toujours cherché à savoir ce qui se cache derrière les portes closes. Vous ne serez pas déçus : c’est bien au-delà de votre imagination… (D.L)

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