lundi 3 août 2026
Il était une fois Moana Pozzi
Il était une fois… Moana Pozzi
David Didelot – Pulse Éditions
À la Saint-Benoît, le soleil est roi… et Moana demeure la reine de nos songes embrasés.
C'est en effet le 11 juillet qu'est paru le très attendu nouvel ouvrage de David Didelot, publié chez les camarades de Pulse Éditions, consacré à l'icône éternelle du cinéma pornographique italien, la diva absolue du genre.
S'il est vrai que l'on peut se faire tromper en achetant des pipes et pomper en achetant des tripes, le savoir-faire de notre Vidéotopsieur préféré, lui, ne trompe jamais sur la marchandise. David a mis tout son cœur et toute son âme dans cet ouvrage pour offrir à ce diamant brut des années 90 le plus bel écrin possible.
Car Il était une fois… Moana Pozzi est bien davantage qu'une enfilade d'anecdotes – comme d'autres enfilent les perles – ou qu'une filmographie commentée à vue de sopalin. Fidèle à sa méthode, l'auteur replace son sujet dans un contexte infiniment plus vaste. À travers le destin de Moana, c'est toute une Italie qui ressurgit : celle de l'après-années de plomb, de l'essor du porno transalpin, des télévisions privées, de la culture populaire en pleine mutation, des rapports parfois troubles entre spectacle, politique et industrie du sexe. Sans oublier la relation aussi complexe que fascinante entre Moana Pozzi et Ilona Staller, les deux reines incontestées du X italien.
Ce qui frappe, une fois encore, c'est cette capacité qu'a David Didelot à raconter une époque autant qu'une personnalité. Sous sa plume, Moana cesse d'être une simple star du cinéma pour adultes pour devenir le reflet d'une société, de ses contradictions, de ses fantasmes et de ses bouleversements. Une véritable figure de la culture italienne.
L'adolescent puis le jeune adulte que j'étais dans les années nonante n'a évidemment pas oublié les courbes de Moana Pozzi. Le passionné de cinéma bis que je suis devenu se régale aujourd'hui de retrouver cette donna sous un prisme bien plus riche. La passion communicative de David, alliée à une érudition qui tutoie les sommets enneigés du cinéma X, fait merveille.
L'iconographie est à l'avenant, abondante, pertinente et souvent superbe. Elle filerait des bandaisons aux plus mollassons des escargots qui peuplent nos slibards. Car bon sang… qu'elle était belle ! Une beauté à faire damner tous les saints du paradis.
« Était »… Cet imparfait de l'indicatif conserve aujourd'hui encore une saveur amère. Pour entrer dans la légende, certaines étoiles semblent condamnées à ne briller qu'un instant. Emportée beaucoup trop tôt par la maladie, Moana Pozzi laisse derrière elle une œuvre (oui le mot n’est pas galvaudé), un mythe et une foule de films qui continuent d'alimenter les fantasmes comme les débats.
Avec ce livre, David Didelot ne se contente pas de raconter une vie. Il redonne chair à une époque, restitue la complexité d'une femme trop souvent réduite à son image et signe, sans doute, l'un de ses ouvrages les plus aboutis. On ouvre ce livre pour retrouver un fantasme ; on le referme avec un morceau d'histoire culturelle italienne entre les mains. Une lecture indispensable pour les amateurs de cinéma bis, d'histoire du cinéma, de culture populaire.
(D.L)
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire